Durant toute la procédure d’adoption, du début à la fin, nous avertissons toujours et à maintes reprises les adoptants qu’il ne faudra pas lâcher leur chien les premières semaines, voire les premiers mois, ceci même pour les chiens sociables. Attendre que la confiance s’installe entre le chien et son nouveau propriétaire est primordial. Attendre de connaître toutes ses réactions face aux nouvelles situations c’est être conscient d’avoir adopté un chien de refuge, c’est l’aimer, le protéger et le respecter. Ne dit-on pas « petit à petit l’oiseau fait son nid » ?

Pour la plupart des chiens diffusés sur ce site nous ne connaissons pas leur passé. Nous pouvons savoir dans quelles circonstances ils ont été trouvés et sauvés mais jamais ce qu’ils ont vécu avant d’être lâchement abandonnés à leur propre sort. La plupart du temps ils sont trouvés errant dans un village ou une ville, au bord d’une route, au milieu d’un champ, attachés à un arbre ou à un poteau de signalisation sur le bas-côté d’une autoroute. Parfois ils sont trouvés dans des poubelles, enfermés dans des sacs en plastique. Plus rarement les refuges obtiennent l’autorisation de retirer un chien maltraité. Ou alors ils sont sauvés de la perrera où ils ont été amenés par des propriétaires ignobles ou par la fourrière. Une perrera espagnole est le dernier endroit que le chien verra. Au bout du délai légal de 15 jours ils y sont gazés ou pire encore… dans ces endroits les chiens ne sont pas soignés et à peine nourris.

Les chiots quant à eux sont abandonnés un peu partout mais souvent dans des containers. Ils ont encore les yeux fermés et ils sont à la recherche de la chaleur maternelle qu’ils ne connaîtront jamais. La mère chienne quant à elle n’a même pas le temps de laver ses petits ni même de les sentir. Elle n’aura pas l’occasion de leur donner le précieux lait bienfaiteur. L’homme mauvais les lui retire en la laissant dans un état de grande confusion et d’une infinie tristesse. Le refuge trouve parfois les chiots également à la porte d’entrée au petit matin empilés dans des cagots. Ils appellent désespérément une mère absente. En hiver ou par temps de pluie ils sont retrouvés à moitié gelés, détrempés, apeurés. Lorsqu’ils sont abandonnés en pleine campagne désertique, ils sont séparés et abandonnés à des kilomètres de distance les uns des autres pour qu’ils se retrouvent seuls et donc beaucoup plus vulnérables et désemparés. Il n’y a, nous le savons, aucune limite à la cruauté de certains humains.

Ces chiens sont sauvés par des bénévoles au grand cœur qui consacrent leur vie et leur temps libre (car ils ont tous une activité professionnelle) à s’occuper d’eux pour qu’ils soient adoptés par une famille et pour qu’ils trouvent enfin le bonheur qu’ils n’ont jamais connu. Ces bénévoles s’attachent à ces chiens. Ils les aiment, ils les soignent, ils les nourrissent, ils les protègent.

Notre équipe se rend régulièrement en Espagne. Nous avons déjà vu toutes les horreurs possibles et imaginables… Nous avons vu des galgos arriver au refuge avec le cou ouvert à vif, les pattes brisées, les yeux crevés… le regard vide et leur corps décharné rempli de cicatrices et de parasites. Nous avons vu des chiots, les yeux encore fermés à peine trouvés dans un container. Nous les avons nourris au biberon pendant que nous étions là-bas. Il ne se passe pas un seul jour sans que nous assistions à l’abandon d’un chien directement au refuge par son propriétaire. Il vient, il abandonne son chien et repart sans se retourner, laissant son fidèle compagnon dans le désarroi le plus total. Ça fait mal…

Depuis le moment où le chien est abandonné, dans quelques circonstances que ce soient, la merveilleuse chaîne du bonheur se met en route. Les bénévoles en Espagne et les bénévoles des associations (la nôtre ou une autre peu importe) travaillent d’arrache-pied pour trouver des familles en Suisse ou ailleurs. Le dernier maillon de la chaîne et le plus important ce sont les adoptants, la famille qui prendra soin de son protégé.

Du début à la fin, ce sont des heures de travail, ce sont des prévisites d’adoption, des kilomètres parcourus, des demandes de renseignements aux refuges. La reconnaissance ne nous intéresse absolument pas. Ce mot n’a pas sa place au milieu des mots passion et amour des chiens. Notre but n’est pas de recevoir une quelconque gratitude, celle de voir un chien et une famille heureux nous suffit largement. C’est le plus beau moteur qui nous permet d’avancer et de continuer la lutte.

Du moment où un chien est diffusé sur notre site, il fait partie de notre grande famille, nous nous y attachons. Et quand un chien est adopté et qu’il arrive au prochain voyage, c’est une joie immense pour nous car c’est un doudou d’amour de plus qui est sauvé de l’enfer et qui aura enfin un toit et des personnes qui l’aimeront.

Et puis arrivent les préparatifs du voyage, l’organisation du transport, l’information aux adoptants, la préparation des papiers, les petits soucis de dernières minutes (ces derniers s’invitent et débarquent à tous les coups mais on fait avec)… et enfin le grand jour ! THE jour J : La rencontre entre la famille et son chien. Une émotion incroyablement intense, magique, magnifique.

Les adoptants sont des personnes fantastiques, des personnes au grand cœur qui ont décidé d’adopter un chien de refuge, un chien qu’ils ne connaissent qu’au travers d’une photo ou d’une vidéo. Mais ce chien ils l’aiment déjà tellement ! C’est génial et que du bonheur.

Malheureusement il y a quelques exceptions, rares mais il y en a. Quelques petites métaphores s’imposent ici. Comment dire… un nuage menaçant qui vient gâcher la fête ? Un cheveu gras sur la soupe des invités ? Un pantalon qui se déchire au milieu de la foule ? Le dard d’une guêpe qui se plante méchamment sous vos pieds nus un jour d’été ? Je ne saurais laquelle choisir mais elles me paraissent toutes adéquates.

J’en arrive au but de ces quelques nombreuses lignes. Les personnes qui me connaissent savent que j’écris mieux et plus que je ne parle. J’en arrive donc à l’aboutissement de ce coup de gueule (voir premier paragraphe tout tout tout en haut). C’est long je sais mais des fois si on explique longtemps et dans le détail ça finit par rentrer dans le cerveau hermétiquement fermé de certaines personnes. Sait-on jamais, l’espoir et les mots font vivre.

Lorsque nous constatons à notre grand dam que certaines personnes lâchent leur chien (je n’ose utiliser ici le mot « protégé ») le lendemain ou un jour après son arrivée d’Espagne, ça nous rend dingues, ça nous rend malheureuses, ça nous enlève l’envie de continuer, ça nous empêche de dormir. Nous ne comprenons pas. Nous n’arrivons pas à comprendre et nous ne comprendrons jamais. NUNCA.

Lors de la visite pré-adoption, ces personnes nous ont regardées dans les yeux et promis qu’elles ne le feraient pas, qu’elles comprenaient bien les dangers qu’ils pouvaient y avoir à lâcher un chien dont on ne connaît ni leur passé, ni leurs peurs éventuelles, ni leurs réactions face à des nouvelles situations. Si si, elles nous ont promis-juré-craché qu’elles respecteraient cette condition. Mais une fois qu’elles ont accueilli leur chien et que nous ne « servons plus à rien » pour des photos, des nouvelles, des questions au refuge, POUF les belles promesses échangées s’envolent en même temps que la confiance établie et sont très vite remplacées par une irresponsabilité sans nom. Le respect vis-à-vis de nous, de notre travail, de notre passion, de notre amour envers ces chiens s’effondre et se brise en mille morceaux et pire encore ces adoptants se fichent pas mal de tout ce qui a été fait pour ces chiens en Espagne par des bénévoles soucieuses de leur avenir. Ces mêmes bénévoles qui nous font confiance lorsqu’on leur dit qu’on a trouvé une super famille.

Le risque de lâcher un chien dans les premières semaines voire les premiers mois (chaque cas est différent) est énorme. Nous ne le dirons jamais assez. Lorsqu’on décide d’adopter un chien de refuge, la moindre des choses c’est d’être patient pour lui accorder le temps de s’habituer à son nouvel environnement et à sa nouvelle famille. Un chien tenu en laisse n'est pas malheureux pourvu qu'il ait des belles balades et un endroit clôt où se défouler. Il faut voir la laisse comme un lien qui unit le chien à son humain, qui le sécurise et le rassure, comme une confiance réciproque qui grâce à ce lien s'établit petit à petit.

Ces personnes, en une seule fraction de seconde et dans la plus grande désinvolture, mettent leur chien en danger de mort. Elles nous jurent mieux savoir que tout le monde sous prétexte qu’elles ont toujours eu des chiens dans leur vie, qu’elles ont suivi des cours et qu’elles savent et qu’elles sentent qu’elle peuvent déjà les lâcher et blablabli et blablabla. Et pire, elles sont outrées et surprises (!) qu’on puisse leur faire la remarque. PERSONNE ne peut savoir qu’il peut lâcher un chien au bout d’un jour. PERSONNE ne peut connaître un chien en si peu de temps. Même pas le plus grand éducateur canin mondialement reconnu au monde (pour autant qu’il ait ou puisse exister…).

Heureusement que ces adoptants sont rares mais ils existent malheureusement et ils suffisent à eux seuls à remettre en doute notre travail. Malgré les visites avant les adoptions, les appels téléphoniques, le contact établi, nous ne pourrons jamais enlever le masque de ces gens-là. Nous ne sommes pas psychologues, ni même voyantes ou extralucides nous sommes juste des bénévoles qui voulons rendre les chiens et les familles heureux.

Non, nous ne demandons aucune reconnaissance mais nous demandons du respect et de l’honnêteté.

Je remercie les adoptants qui respectent nos recommandations. Ceux qui ne trahissent pas notre confiance et celle des bénévoles en Espagne. Merci.

Je termine ici en m'adressant aux futurs adoptants : Si vous pensez ne pas pouvoir garder votre chien en laisse les premiers temps suivant son arrivée alors passez votre chemin car ça veut dire que vous n'avez rien compris à ces lignes. 

Véronique


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